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LES RELIGIONS DU BURKINA FASO, exposé de Claire

 

Le Burkina Faso est l'un des pays les plus hétérogènes d'Afrique pour ses nombreuses croyances locales ou importées.

Le Burkinabé est profondément croyant.

sacrifice_burkina_faso.jpgCes vingt dernières années ont connu cependant de profonds changements dans la répartition des confessions déclarées

  • lente décroissance des croyances traditionnelles,

  • montée des religions importées

  • explosion des mouvements sectaires se réclamant "évangélistes".

Le gouvernement burkinabé a estimé, dans son recensement de 1996,que approximativement 60% de la population pratiquent l’islam et que la majorité de ce groupe appartient à la branche sunnite alors que les minorités restantes adhèrent aux branches chiite, tijane ou salafiste et wahhabite.

Le gouvernement burkinabé a aussi estimé que 24% de la population conservent des croyances traditionnelles animistes, que 17% pratiquent le catholicisme et que 3% font partie de divers cultes protestants.

 

Les religions et croyances traditionnelles

Une majorité de Burkinabé pratique la religion traditionnelle seule ou parallèlement à l'Islam ou au christianisme.

masquebwa.jpgCes religions traditionnelles associées aux ancêtres et/ou aux esprits avec lesquels on communique ou on rend hommage grâce à des masques, des sacrifices ou des fétiches sont englobées sous le vocable "animisme" ou "fétichisme".

Chaque communauté ethnique a ses propres croyances ancestrales :

  • Les Lobis forment l'une des communautés qui a le plus conservé sa religion traditionnelle. La vénération des esprits des ancêtres et des fétiches est le pivot de leurs croyances.

     

    La case des fétiches, située en dehors de la concession familiale, tient lieu de temple où sont pratiqués les rites d'hommage et de divination.

    Les Lobis croient néanmoins aussi en un être suprême, nommé Thagba, créateur de tous les êtres vivants.

    Ces esprits invisibles, parfois bienveillants parfois malins et sujets aux conséquences de leurs vices et vertus, exercent leurs pouvoirs sur toutes choses. Pour entrer en contact avec les esprits, chaque village et chaque hameau a au moins un prêtre fétichiste nommé le thildar.

  • Les Mossi croient en un équivalent de paradis, un monde meilleur que les ancêtres auraient atteint et qui serait en contact direct avec le monde des hommes. Ces ancêtres aident ou punissent leurs descendants et sont seuls juges pour leur autoriser l'entrée futur dans le monde des ancêtres.

    En raison de ces croyances, lorsqu'un Mossi jure sur ses ancêtres ou sur ses terres, c'est que la situation est grave. Car ses terres sont directement reliées aux ancêtres et sont un moyen d'entrer en contact avec eux. L'importance de la concession familiale, qui possède et occupe ces terres, est donc primordiale

Les Kassena, une communauté des Gourounsi, croient quant à eux en un créateur suprême à qui est dédié un fétiche au centre de chaque village.

Chaque hameau organise des mascarades et rituelles représentant l'esprit de ce créateur. Ces mascarades sont destinées à défaire les ennemis, assurer la paix dans le village et la communauté et protéger la fertilité des femmes.

Les familles possèdent en outre un autel sur lequel les objets sacrés sont réunis et les sacrifices effectués.

Chez les Sénoufo, plusieurs ancêtres et esprits des bois sont révérés. La double divinité, Maleeo et Kolotyolo sont au cœur de ces croyances.

Kolotyolo ne peut être contacté que par l'intermédiaire d'autres divinités. Maleeo, tel un juge suprême s'incarne quant à lui parfois dans des tams-tams sacrés devant lesquels voleurs et meurtriers sont jugés.

Les Sénoufo assurent de bonnes relations entre le monde vivant et le monde des ancêtres. La société secrète de Sandogo est elle chargée des oracles et de la divination, rituel important dans la religion sénoufo. L'organisation secrète de Pora est réservée aux hommes et parfois aux jeunes filles ou aux vieilles ménopausées. Sandogo est une société secrète de femmes.

Mais toutes ces croyances ont engendré certaines superstitions nuisible. Un grand nombre de femmes sont régulièrement accusées de sorcellerie et sont bannies de leur village sans possibilité de revoir un jour leur famille. Le sort de ces femmes, souvent vieilles, est le plus souvent la mendicité.

Le Centre Delwendé, financé par l'Eglise Catholique, héberge et nourrit plus de 400 femmes accusées de sorcellerie dans le quartier de Tanghin à Ouagadougou.

Toujours dans les superstitions nuisibles, on peut parler du sort réservé aux albinos. S'ils sont moins souvent découpés en morceaux qu'en Tanzanie ou au Burundi pour être revendus comme ingrédients aux sorciers, ils sont en tous cas régulièrement sacrifiés pour porter chance ou jeter un sort. Plusieurs associations s'emploient à défendre les albinos du pays contre ces crimes.

 

L'Islam.

mosquée.jpgL'islam est très clairement la première religion du pays en nombre de croyants. Avec 30 à 40% de Burkinabés musulmans.

Présent de manière éparse sur l'actuel territoire du Burkina Faso depuis le XVème siècle, l'islam n'est réellement implanté que depuis le XIXème siècle. Ce sont les Peulhs qui les premiers ont formé une communauté musulmane cohérente et chroniquement implantée.

Plus tard, les autorités françaises ont favorisé le développement de l'Islam perçu comme un allié contre certaines chefferies locales animistes hostiles à la présence française.

Comme dans la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest, les musulmans burkinabé se partagent en diverses confréries et courants de pensée.

  • Issues pour la plupart du sunnisme, ces confréries ont des origines géographiques et historiques variées :

  • Le courant salafiste, celui qui génère le plus d'illuminés ou d'agités, est assez peu représenté au Burkina Faso bien que son influence soit grandissante. Partisans d'une lecture à la lettre du coran, ils sont à l'origine des plus formidables preuves d'extrémisme du siècle passé et du siècle en cours.

  • Les Tidjanes, sont des marabouts sénégalais qui sont les importateurs en Afrique noire, ils sont représentés au Burkina Faso depuis 1925. Ils comptent quelques marabouts, écoles coraniques et mosquées à Ouagadougou et dans la province du Yatenga.

  • La confrérie Quadriyya, créée au XIIème siècle en Irak, est quant à elle principalement présente chez les Peulhs.

  • La Communauté Musulmane du Burkina Faso est cependant l'organisation religieuse et associative dans laquelle se retrouvent la plus grande partie des musulmans du pays.

Il permet à des néo-musulmans nés avec des croyances et des coutumes traditionnelles de se retrouver dans une pratique “tranquille” de l'islam. Pour finir, le chiisme ne compte que quelques rares membres qui tiennent quelques écoles coraniques.

Comme pour les communautés ethniques, les quartiers des villes sont souvent constitués de groupes religieux homogènes. Ainsi à Ouagadougou, un quartier comme Nemnin, quartier à forte population peulhe est très majoritairement musulman. Ces quartiers à forte proportion musulmane accueillent souvent ce qu'on appelle une "mosquée du vendredi", qui est une mosquée de plus grande taille pouvant accueillir un grand nombre de fidèles lors de la prière du vendredi.

Aujourd'hui, Peulhs, Mandingues, Marka et Touareg sont les communautés qui comptent la plus forte proportions de musulmans. Ce sont également les plus anciennement convertis à l'islam.

La religion musulmane est parfaitement bien intégrée à la vie du pays avec des mariages inter - religieux relativement courants et une participation aux évènements festifs nationaux.

Il est amusant de voir que l'extraordinaire tradition des crèches de Noël à laquelle les enfants chrétiens du pays tiennent tant s'est adaptée aux enfants musulmans qui construisent durant les fêtes de fin d'année des petites mosquées qui n'ont rien à envier aux cathédrales miniatures de leurs camarades.

Catholicisme.

Eglise de Yaba.JPGLe catholicisme est présent au Burkina Faso depuis les premiers temps de la colonisation et l'arrivée des premiers missionnaires. La première paroisse du pays ne fut cependant fondée que le 22 janvier 1900, à Koupéla, par Monseigneur Hacquart. La ville demeure d'ailleurs le foyer le plus dynamique de la vie catholique du pays.

Au cours du XXème siècle, les différentes communautés du pays, des Mossi aux Gourounsi en passant par les Lobi ou les Gourmantché, ont vu une partie de leurs membres intégrer l'église catholique. Aujourd'hui, les catholiques sont environ 1,5 millions au Burkina Faso, soit plus de 10% de la population nationale. Cette proportion tend à augmenter chaque année au détriment des religions traditionnelles.

A Ouagadougou, comme en province, les églises sont pleines, tout comme les séminaires formant les futurs religieux.

Il y a treize évêques dans tous le pays.

Comme partout en Afrique, l'église catholique contribue pour une grosse part à l'enseignement au Burkina Faso via un nombre d'écoles, de collèges, de lycées et d'établissements supérieurs en constante augmentation.

L'année scolaire 2008-2009 a compté près de 50 000 élèves inscrits dans les 200 établissements catholiques du pays, tous niveaux confondus, avec une légère majorité de filles (52%). Il y a aussi une forte réussite au BAC 65% contre 27% de moyenne nationale.

 

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